Nous encourageons les travailleurs du Canada et du monde entier à envoyer leurs messages de soutien à la campagne de Will Lehman pour publication sur le World Socialist Web Site. Veuillez remplir le formulaire à la fin de cet article.
Will Lehman, employé de Mack Trucks, se présente à l'élection présidentielle du Syndicat des travailleurs unis de l'automobile (UAW – United Auto Workers) avec un programme prônant le transfert du pouvoir à la base. Sa campagne repose sur quatre revendications clés : l'abolition de l'appareil bureaucratique et la création de comités de base afin que les travailleurs de l’atelier aient pouvoir de décision ; la fin de la collaboration corporatiste de l'UAW avec les grandes entreprises et le gouvernement ; le rejet du nationalisme américain de l'UAW et de son soutien à la politique commerciale « l’Amérique d'abord » de Trump ; et la mobilisation du pouvoir social et politique de toute la classe ouvrière pour défendre les droits démocratiques et s'opposer à la guerre.
Face à la réaction de la classe dirigeante canadienne, marquée par un nationalisme canadien toxique, aux menaces d'annexion et au déclenchement d'une guerre commerciale par l’aspirant dictateur fasciste Trump, les travailleurs du nord de la frontière ont accueilli avec enthousiasme l'appel de Lehman à l'unité internationale de la classe ouvrière. Les travailleurs canadiens ont constaté de visu comment les bureaucraties syndicales, telles que celles d'Unifor, du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes du Canada, du Syndicat canadien de la fonction publique et des syndicats québécois, ont utilisé les mêmes tactiques que l'UAW pour imposer des reculs draconiens et des suppressions d'emplois au cours des quarante dernières années.
Un travailleur licencié de l'usine General Motors CAMI d'Ingersoll a tenu à exprimer son soutien à la campagne de Will Lehman. L'usine est menacée de fermeture définitive après que GM a licencié son personnel suite à la baisse des ventes de véhicules électriques qui y sont produits. Unifor, en collaboration étroite avec le gouvernement libéral fédéral, défend un projet visant à transformer l'usine en usine de production de véhicules militaires, dans le cadre du réarmement du Canada en vue d'une éventuelle guerre mondiale.
« Sans une coopération internationale plus étroite de nos syndicats, l’UAW et Unifor, ainsi que de nos collègues syndiqués et non syndiqués travaillant au Mexique et à l’étranger, nous sommes bien trop vulnérables à la stratégie de “diviser pour régner” employée par nos employeurs multinationaux tyranniques pour nous exploiter », a commenté un travailleur. « Je crois que Will Lehman, avec son message franc d’unité internationale, nous guide vers les bons objectifs. Solidarité ! »
Les tarifs douaniers de l’administration Trump et les mesures de rétorsion imposées par Ottawa ont encore aggravé la crise de l’industrie automobile canadienne. Dans les usines canadiennes des trois grands constructeurs automobiles de Detroit, des milliers de travailleurs ont été licenciés ces derniers mois. Unifor, qui s’efforce sans relâche de préserver ses liens corporatistes avec le gouvernement et la direction, continue de propager un nationalisme « Équipe Canada ». On dit aux travailleurs que subordonner leurs intérêts à ceux du capital canadien est la seule option et qu’ils doivent rivaliser avec leurs collègues américains, mexicains et d’ailleurs pour obtenir la production de modèles.
Ce principe directeur anime la politique d'Unifor, et de son prédécesseur, les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), depuis la scission nationaliste avec l'UAW en 1985. Lors des négociations contractuelles de 2023, alors que les conventions collectives dans l’industrie automobile arrivaient à échéance des deux côtés de la frontière pour la première fois en plus de vingt ans, Unifor a insisté pour tracer sa propre voie, « canadienne ». Le syndicat a conclu des reculs contractuels avec les trois grands constructeurs automobiles de Detroit, alors même que les travailleurs américains étaient en grève. La bureaucratie d'Unifor est allée jusqu'à négocier des ententes de trois ans au lieu des accords habituels de quatre ans, afin que la prochaine ronde de négociations soit dissociée de celle aux États-Unis, et ainsi entraver toute lutte commune transfrontalière contre les patrons de l'automobile.
« En tant que travailleur canadien de l'automobile à la retraite, j'appuie pleinement la candidature de Will Lehman à la présidence de l'UAW », a déclaré Frank F. de Windsor. « Pourquoi les travailleurs de l'automobile au Canada et aux États-Unis ne sont-ils pas regroupés au sein d'un seul syndicat ? La scission des années 1980 était une erreur. Les travailleurs de l'automobile des deux pays ont subi des pertes en raison des luttes intestines entre les syndicats. Ces luttes ont entraîné des pertes dans la répartition du travail, les pensions, les avantages sociaux et les salaires. Les susceptibilités du passé nous ont tous nui.
« Les dirigeants du syndicat canadien en sont venus à considérer nos frères et sœurs américains comme des ennemis. Il est temps que cela cesse ! Le soutien apporté par l'actuel président de l'UAW à la position de Trump selon laquelle la production automobile devrait être américaine est manifestement dénué de toute analyse raisonnable. Je vois en Will Lehman un dirigeant qui assumera ses responsabilités et ne prendra pas de décisions hâtives motivées par la seule recherche de popularité. Ses positions sur la démocratie et la solidarité m'ont convaincu qu'un avenir meilleur ne peut advenir que sous sa direction. »
Daniel est facteur en zone rurale et suburbaine pour Postes Canada et membre influent du Comité de base des travailleurs des postes (CBTP). Le CBTP a été créé en juin 2024 pour permettre aux travailleurs des centres de tri et des dépôts postaux de reprendre le contrôle de leur lutte contractuelle, actuellement sous l'emprise de la bureaucratie du STTP, et de mobiliser un soutien plus large de la classe ouvrière contre la collusion du gouvernement libéral et de la direction de Postes Canada visant à restructurer le service postal au détriment des travailleurs.
Quelque 55 000 travailleurs de Postes Canada se battent pour de nouvelles conventions collectives depuis environ trois ans. Le gouvernement appuie les efforts de la direction de la société d'État pour restructurer Postes Canada sur le modèle d'Amazon, par le biais d'une expansion massive du travail à la demande et de l’élimination des protections d'emploi. L’ancien banquier central et actuel Premier ministre, Mark Carney, considère cette offensive comme un modèle à établir pour l’assaut sur les droits des travailleurs dans les secteurs public et privé.
« Je vous écris en tant que postier canadien confronté aux mêmes attaques corporatistes contre l’emploi, les conditions de travail et les services publics que celles subies par les travailleurs de l’automobile en Amérique du Nord », a écrit Daniel dans une lettre adressée à Lehman. « J’apporte mon soutien à votre campagne pour la présidence de l’UAW, car votre appel à abolir la bureaucratie syndicale pro-patronale, à créer des comités démocratiques de la base et à organiser la solidarité internationale de la classe ouvrière répond directement aux besoins stratégiques des postiers confrontés à l’“amazonisation” et au démantèlement des services publics ici au Canada. »
L’un des plus grands défis auxquels sont confrontés les employés de Postes Canada est l’utilisation par la direction de l’IA et d’autres nouvelles technologies pour intensifier l’exploitation et saper la protection de l’emploi. Daniel a insisté sur le fait qu’une lutte pour le contrôle ouvrier permettrait à ces avancées technologiques de profiter aux travailleurs et à la société dans son ensemble, plutôt que d’accroître les profits de l’oligarchie financière. « De nouvelles technologies d'amélioration de la productivité sont déployées dans nos centres de tri, nos scanneurs et nos dépôts », a-t-il écrit. « Adopter des outils d'amélioration de la productivité est une bonne chose, voire nécessaire, dans une économie aussi interconnectée que la nôtre, mais ces outils sont une arme à double tranchant. Laissés entre les mains de la Société canadienne des postes (SCP) et de ses alliés syndicaux, ces gains de productivité mèneront directement à des licenciements collectifs et à d'autres reculs. Cela a été clairement démontré récemment lorsque la direction du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes du Canada a accepté une entente de principe secrète qui a mis fin aux grèves et ouvert la voie à de vastes restructurations et suppressions d'emplois.
« Camarade Lehman, vous proposez une approche radicalement différente, et c'est pourquoi j'appuie votre candidature à la présidence de l'UAW. Les travailleurs des postes devraient formuler des revendications similaires aux vôtres, notamment la semaine de travail de 30 heures sans perte de salaire. Pour reprendre vos termes : “Répartir le travail disponible, abolir les heures supplémentaires obligatoires et défendre la santé des travailleurs et leur temps en famille”. Les nouvelles technologies rendent la semaine de travail de 30 heures possible, mais pas inévitable. Les travailleurs doivent s’organiser selon des principes socialistes et révolutionnaires pour atteindre cet objectif progressiste. Nous devons nous organiser indépendamment des appareils syndicaux, des entreprises et des gouvernements. »
Daniel a conclu en soulignant la portée plus large de la campagne de Lehman.
« Votre campagne n’est pas qu’une lutte interne à l’UAW, a-t-il déclaré. C’est un appel à tous les travailleurs – du service du courrier à la chaîne de montage – qui refusent d’accepter concession sur concession, trahis par les bureaucrates syndicaux. Votre campagne s’adresse à tous les travailleurs qui croient en notre force collective. La lutte à Postes Canada pour l’emploi, la sécurité au travail et un service public de qualité ne peut être gagnée de manière isolée ; elle exige le type de stratégie internationale, de la base, que vous mettez en œuvre. »
